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A Dream Of Lasting Peace - 2017

  A Dream Of Lasting Peace - 2017 - Album
 1. Secrets
 2. Tales Of Independence
 3. Sundown
 4. The Piper Won't Let You Stay
 5. Outlander
 6. Growing Underground
 7. Empty Streets
 8. No Filters
 9. Imaginarium
 10. The Echoes Unfold

Si depuis quelques temps, on voit apparaître aux 4 coins du monde (enfin, surtout en Amérique du Nord et en Europe) un flot ininterrompu de jeunes groupes se réclamant du revival Classic-Rock/Hard Rock période fin 60's/début 70's, celui-ci a toujours été une source d'inspiration pour de jeunes combos néophytes, et de tous temps. C'est juste que ce revival est un peu plus médiatisé qu'il y a une quinzaine ou une vingtaine d'années, une volonté manifeste de faire revenir le Hard Rock et le Heavy Metal aux fondamentaux se faisant peut-être plus fortement après près de 20 ans placés sous le signe d'expérimentations en tous genres pas franchement réjouissantes...

Mais parlons plutôt de SIENA ROOT, groupe concerné par cette présente chronique. Originaire de Suede, ce combo n'est pas composé de jeunes perdreaux de l'année puisqu'il est en activité depuis 1999 et, avant la sortie de "A Dream Of Lasting Peace", comptait déjà à son actif 5 albums studio et 1 album live, ainsi que pas mal de concerts sur le Vieux Continent, en particulier en Allemagne (pour info, ce quintette est plus populaire outre-Rhin que dans son propre pays, la Suede).

"A Dream Of Lasting Peace", qui voit le jour, est donc le 6ème opus studio de ce groupe suédois et c'est précisément avec cet album que j'ai découvert SIENA ROOT. Première impression: l'artwork de la pochette de l'album est mieux réussi (c'est, du moins, mon point de vue) que celui du précédent album, "Pioneers". Et, surtout, il indique clairement à quel style de musique l'auditeur a affaire: pas de doute, on est bien en plein territoire Classic Rock/Hard Rock de fin 60's/début 70's. En écoutant attentivement ce "A Dream Of Lasting Peace", on peut même ajouter que SIENA ROOT y ajoute des relents psychédéliques, bluesy avec une petite touche progressive (laquelle n'est jamais envahissante sur ce disque). Ce qu'il faut également savoir, c'est que l'orgue Hammond est très présente: elle tient sur cet album une place prépondérante, au point de rivaliser avec les guitares. L'influence de DEEP PURPLE, groupe dont on peut davantage rapprocher ce quintette suédois, est également palpable, mais à aucun moment SIENA ROOT ne tombe dans le piège du plagiat.

En passant au peigne fin cet album, on peut commencer par évoquer "Tales Of Independence", titre situé en 2ème position de l'album: c'est avec ce titre que, pour ma part, j'ai fait plus ample connaissance avec SIENA ROOT et l'impression a été plus que positive. En effet, il s'agit, à mon humble avis, du véritable tube de l'album: chaque musicien y met toutes ses tripes, le refrain est absolument délicieux et ensorceleur (l'orgue Hammond présente y étant certainement pour quelque chose), les mélodiques dégagent quelque chose de magique, la rythmique groovy venant ajouter la touche supplémentaire pour en faire un potentiel hymne Classic-Rock. Une chose est certaine, en tout cas: on ne s'ennuie jamais à l'écoute de ce 6ème album de SIENA ROOT. Il faut même plusieurs écoutes pour mieux apprivoiser certains titres: c'est le cas de "The Piper Won't Let You Stay", un Blues lent aux mélodies crépusculaires qui s'avère être seul titre du disque à dépasser les 6 minutes et voit le chanteur (Samuel Björö) déployer toute sa panoplie sur sa voix pleine de feeling avec, de surcroit, des relents progressifs qui viennent s'incruster pour apporter un changement de ton impromptu et faire monter crescendo la chanson. On peut aussi mentionner "No Filters", titre qui, bien que relativement court, flirte aussi avec le progressif avec ses mélodies à géométrie variable, ou encore le mid-tempo mélodique "Secrets" porté par la voix chaude de Samuel Björö, l'orgue Hammond, tandis que les guitares sont plus claires, un peu en retrait par rapport aux autres éléments cités (sauf au moment du solo). Quelques titres plus foncièrement Hard viennent muscler ce disque avec beaucoup d'efficacité: sur "Outlander", les riffs se montrent plus mordants que d'habitude, le chanteur se voit doublé sur le refrain vocalement parlant, alors que l'orgue Hammond, pour le coup, est en retrait avant de se lâcher complètement dans le final. Quand à "Growing Underground", c'est le titre le plus rythmé, le plus rapide du disque: non seulement, il fait taper du pied, secouer la tête, mais en plus il offre à l'auditeur une jam instrumentale particulièrement jouissive sur laquelle bassiste, guitaristes et claviériste s'en donnent à cœur joie. D'autre part, impossible de passer sous silence "Imaginarium", un instrumental qui, grace à l'impulsion du bassiste (Sam Riffer), est bourré de relents jazzys et voit les guitares et l'orgue Hammond se répartir l'espace sonore avec justesse. Pour le coup, on peut vraiment parler de réussite et de trouvaille intéressante.

Cet album est complété par 3 ballades, ce qui fait peut-être beaucoup pour un disque de 10 titres. Là-dessus, il y aurait peut-être matière à chipoter, d'autant que "Sundown" s'apparente davantage à une fausse ballade lorgnant vers la "flower-power attitude" et on peut regretter que le groupe n'ait pas assez travailler ce titre. En revanche, "Empty Streets", titre sur lequel le refrain nerveux est en opposition avec les couplets, et "The Echoes Unfold", une ballade crépusculaire à l'ambiance sombre, sont de meilleure tenue. Oh, pas de quoi entrer au Panthéon des plus grandes Rock Ballads of all-time, mais ces 2 ballades tiennent la route et restent suffisamment cohérentes par rapport à l'ensemble de l'album.

Finalement, "A Dream Of Lasting Peace" est un disque fort plaisant à écouter. S'il est vrai que l'ensemble est très mid-tempo, que les textures de guitares ne sont pas très portées sur les riffs sauvages, le feeling bluesy étant davantage prioritaire, on peut toutefois saluer la complémentarité des musiciens, ce qui s'en ressent sur l'ensemble de l'album, très travaillé sur le plan mélodique. Ce disque est varié à souhait, mais reste toutefois homogène. Ce quintette suédois maitrise très bien ce qu'il fait et on sent bien qu'il a acquis de l'expérience, de la maturité avec le temps. Cette nouvelle offrande peut être rangée aux côtés des récentes sorties de INGLORIOUS et de WOLVESPIRIT.
Trendkill - 30.08.2017
Musiciens: Samuel Björö - chant / Matte Gustafsson - guitare / Sam Riffer - basse / Erik Petersson - orgue, claviers / Love Forsberg - batterie, percussion
Producteur: Siena Root
Label: MIG Music
Music Video: Tales Of Independence - No Filters