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Vendetta - 2016

  Vendetta - 04.11.2016 - Album
 1. Lost And Wasted
 2. Come Out
 3. The Threat
 4. Rock N’ Roll
 5. Romeo
 6. One More Time
 7. Something Ain’t Right
 8. Don’t Fade Away
 9. #1 Bad Boy
 10. Electric
 11. Vendetta

Fondé durant le mitan des années 2000, le quartette norvégien de NITERAIN a dû patienter plusieurs années avant de pouvoir concrétiser ses rêves et ses ambitions, à savoir sortir son premier album: en effet, son premier album, "Crossfire", a vu le jour en 2013. Ce premier essai discographique mettait en valeur un groupe fortement imprégné par l'influence de MÖTLEY CRÜE, tout en étant ancré dans la tradition du Sleaze-Rock scandinave (HARDCORE SUPERSTAR, CRASHDIET sont les références qui viennent tout de suite en tête lorsqu'on se remémore ce 1er album). D'ailleurs, ce combo norvégien assume ouvertement sa passion pour le Hard Rock US (ils citent volontiers, entre autres, FASTER PUSSYCAT, VAN HALEN, POISON, L.A. GUNS...) et son homologue scandinave.

Le groupe norvégien doit patienter 3 années pour accoucher d'un successeur à ce "Crossfire". Ce second album a pour titre "Vendetta" et les amateurs de Sleaze/Hard-Rock attendent de NITERAIN qu'il confirme les bonnes dispositions laissées par son prédécesseur. Il faut dire que les 4 pistoleros norvégiens se sont faits les dents en tournant notamment aux USA et en ayant remporté une wild-card qui leur a permis de participer à l'édition 2016 du Sweden Rock.

A l'écoute de ce second album, on s'aperçoit que NITERAIN s'est affranchi de l'influence de MÖTLEY CRÜE. Produit par Chris Laney (ex-ZAN CLAN et actuellement chez PRETTY MAIDS), "Vendetta" s'inscrit davantage dans la lignée des CRASHDIET, ZAN CLAN, SHOTGUN MESSIAH. Le style de production particulier du sieur Chris Laney n'y est pas étranger, certaines mauvaises langues étant tentées de dire que sa manière de produire les groupes les emmène sur son terrain pour mieux les uniformiser. Perso, je me garderai bien de rentrer dans ce genre de considérations. Après tout, l'essentiel est que le contenu de l'album soit efficace. Et "Vendetta" contient son lot de titres à forte tendance Sleaze, voire Glam. Avec les mid-tempos "Lost And Wasted", "Come Out" et "Electric", on est en terrain bien connu: voix tantôt mélodique, tantôt éraillée, chœurs à l'avenant sur les refrains fédérateurs juste comme il faut, riffs aussi bien venimeux que vicieux. La recette parait de prime abord, simple, voire prévisible, mais NITERAIN déploie une telle détermination, une telle dévotion envers ce style que ça le fait. A travers ces 3 exemples, on remarque que le quartette norvégien sait faire court, voire expéditif, tout en maitrisant de main de maitre ce qu'il fait. Et si l'ensemble de l'album est très homogène, on y trouve tout de même quelques nuances pour éviter la redite, la redondance. A titre d'exemples, on mentionnera "Romeo" qui, bien que porté par une rythmique emballante, incarne la facette mélodique du Hard Rock scandinave et se révèle comme un petit hymne Glam qui prend l'auditeur par surprise car celui-ci ne s'y attend pas à l'origine. On peut aussi parler de l'up-tempo "The Threat, plus punchy avec ses chœurs plus déchainés que sur le reste de l'album, mais terriblement accrocheur avec ses mélodies vicelardes qui viennent s'incruster insidieusement dans les esprits pour mieux s'y installer durablement, ou de titres lorgnant davantage vers le Punk tels que le bouillonnant et subversif (mais pas trop) "#1 Bad Boy" (qui n'est pas une cover de POISON) qui déborde d'énergie et voit le groupe envoyer la purée, mais tout en restant subtil, l'aspect mélodique restant très présent, ainsi que "Vendetta", joué sur le fil du rasoir et concluant de manière jouissive l'album. Quand au mid-tempo "Rock n' Roll", bien que servi par un riff "kissien" et des vocaux criards, il est tout de même pénalisé par un refrain plutôt clichesque (rien que le titre, déjà...).

NITERAIN surprend véritablement avec "Something Ain't Right", un titre plus groovy, plus swinguant qui fait taper du pied et donne un aperçu de ce que pourrait donner une fusion entre AEROSMITH et le Rock scandinave si les 2 parties entraient en collision. Mais c'est surtout avec "Don't Fade Away", 8ème piste de l'album de son état, que les 4 musiciens norvégiens s'écartent franchement des sentiers battus: là, on a droit à un titre plus Pop avec un enrobage Glam du plus bel effet. Il s'agit du morceau le plus calme, le plus soft de l'album, même si la rythmique le revigore. Au final, ce titre se révèle très accrocheur, tubesque et même très largement supérieur à tout ce qui passe en radio actuellement. Oui, on peut le dire, c'est une belle trouvaille de la part de NITERAIN.

Tout bien considéré, on peut dire que NITERAIN a confirmé avec ce "Vendetta" les espoirs que son prédécesseur, "Crossfire", avait fait naitre auprès des fans de Sleaze-Rock à la sauce scandinave. Alors, bien sûr, ceux qui recherchent de l'originalité, des innovations tous azimuts auront du mal à trouver leur compte avec ce disque. Car, dans le fond, NITERAIN s'inscrit dans la continuité du Hard Rock/Sleaze tel qu'il se pratique dans les pays nordiques européens et ne révolutionne pas le genre. Ceci dit, il y a 2 choses qu'on ne pourra jamais enlever à ce quartette norvégien: sa passion pour le style musical qu'il pratique et son sens aiguisé de la mélodie. Et au moment ou les HARDCORE SUPERSTAR et CRASHDIET semblent rentrer dans le rang, écouter ce "Vendetta" fait plutôt du bien. Espérons qu'à l'avenir, NITERAIN parvienne à franchir un palier supplémentaire et à créer un disque aussi fort que "Rest In Sleaze" et l'éponyme de HARDCORE SUPERSTAR, ce qui lui permettrait de s'installer dans le Gotha du Rock scandinave.
Trendkill - 26.08.2017
Musiciens: Sebastian Tvedtnæs - chant / Adrian Persen - guitare / Frank Karlsen - basse / Morten Garberg - batterie
Producteur: Chris Laney
Label: Live Management/Niterain Entreprises
Music Video:
Rock N’ Roll