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The Armor Of Ire - 2016

  The Armor Of Ire - 27.09.2016 - Album
 1. I Am The Hammer
 2. The Armor Of Ire
 3. The Last King Of Pictdom
 4. Blood Ice
 5. The Cold Sword
 6. Invoker
 7. Sing A Last Song Of Valdese
 8. Shade Gate

En matière de Metal, on sait les américains capables du pire, en particulier depuis plus de 22 ans. Pour cette raison, c'est avec méfiance et perplexité que j'ai pris l'habitude d' accueillir les albums estampillés Metal en provenance des USA. En ce qui concerne ETERNAL CHAMPION, nouveau venu la scène Heavy Metal, c'est différent: déjà, ce quintette originaire d'Austin (Texas) est très éloigné des sphères mainstream puisqu'il a été signé sur un label indépendant grec répondant au nom de No Remorse Records (quand on voit les noms des groupes qui officient chez eux, on est tout de suite rassurés) et pratique un Heavy Metal épique dans la lignée des SAVATAGE, MANILLA ROAD, CIRITH UNGOL, WARLORD. D'excellentes références, donc.

Outre ces influences musicales, ETERNAL CHAMPION nous plonge dans l'univers de l'Heroic-Fantasy, en particulier celui des auteurs Edward Wagner, Howard Philip Lovecraft, Michael Moorcock. Lorsqu'on voit l'artwork de la pochette de l'album, on n'est pas étonnés. Ce premier album, "The Armor Of Ire", qui est sorti en septembre 2016, a fait l'objet de critiques élogieuses et de nombreuses connaissances m'en ont dit le plus grand bien. Je m'y suis donc intéressé et ai écouté ce disque plusieurs fois pour bien l'assimiler, le comprendre.

Si ETERNAL CHAMPION pratique un Heavy Metal à fort caractère épique, ses compos sont dans l'ensemble directes, vont à l'essentiel. Ce premier album a une durée étonnamment courte pour ce style de musique (moins de 35 minutes au compteur). Il convient, d'autre part, d'ajouter que ETERNAL CHAMPION évolue avec 3 guitares (cela s'entend d'ailleurs) et que le chanteur Jason Tarpey a une voix claire, légèrement caverneuse, son timbre vocal est plutôt unique,ne ressemblant à aucun autre déjà entendu. Le titre d'ouverture, le mid-tempo "I Am The Hammer", nous plonge d'emblée dans les entrailles du Heavy metal épique avec ses ambiances sombres, aventureuses, guerrières et pleines d'intensité. Et pour le coup, tous les instruments sont bien mis en avant, ce qui permet d'apprécier chaque musicien du groupe à sa juste valeur. ETERNAL CHAMPION se fait plus conquérant sur "The Armor Of Ire", rythmé, prenant aux tripes et mettant bien en valeur le travail des guitaristes qui se répartissent les rôles à bon escient concernant l'utilisation de l'espace sonore, ainsi que "The Cold Sword", titre qui voit la section basse/batterie asséner de discrètes accélérations lui donnant un sacré coup de fouet. La suite de l'album ? On arrondit les angles sur "Invoker", mid-tempo qui alterne couplets calmes, mélodieux et refrain plus virulent, plus Heavy dont le côté tranchant décuple l'intensité dramatique qui le caractérise et qui, de surcroit, voit le solo de guitare, une fois n'est pas coutume, intervenir à la fin (la formule couplets/refrain étant donc utilisée 3 fois avant le solo) pour conclure le travail. On assombrit plus que de raison l'atmosphère sur "Sing A Last Song Of Valdese", un mid-tempo de 6 minutes qui sa rapproche davantage du Doom-Metal et attire l'attention vers le milieu de la chanson avec son tempo qui s'accélère de manière impromptue. Peut-être qu'il y aurait quelque chose à creuser de ce côté-là à l'avenir de la part du combo d'Austin, qui sait ? Enfin, il est impossible de passer sous silence "The Last Kingdom Of Pictdom", un titre qui fait référence au dernier Roi des Pictes, Bran Mak Morn, qui a combattu héroïquement l'empire romain. Ici, les guitares fusent de partout et nous transportent à tel point qu'on se croirait vraiment dans le feu de l'action d'un film de fantasy (c'est, du moins, mon ressenti personnel quand j'écoute ce titre).

Cependant, tout n'est pas parfait sur cet album. Les points faibles, venons-en, justement. Dans un premier temps, on pourrait regretter amèrement que sur les 8 titres présents sur cette galette, il y ait 2 instrumentaux (ce qui réduit à 6 le nombre de chansons). Et c'est d'autant plus justifié que ces 2 instrumentaux sont plutôt faiblards, pas très recherchés, ni inspirés. "Blood Ice" est un court instrumental qui, même s'il sert de prétexte en tant qu'interlude posté entre "The Last Kingdom Of Pictdom" et "The Cold Sword", n'apporte rien à l'album et se révèle finalement inutile. Quand à "Shade Gate", c'est un instrumental lent qui n'est pas assez élaboré et laisse un très fort goût d'inachevé pour 2 raisons: d'abord, parce qu'il donne l'impression de n'être qu'une démo bâclée et aussi parce qu'il clôture l'album, ce qu'on pourrait assimiler à une erreur de jeunesse. Enfin, autre point noir de l'album: sa production. Elle laisse d'autant plus à désirer qu'elle ne valorise pas comme il se devrait le côté épique de la musique du groupe pour son côté artisanal.
Enfin, gageons qu'à l'avenir ETERNAL CHAMPION saura remédier à ce problème qui n'est pas rédhibitoire.

Pour un premier album, ETERNAL CHAMPION laisse entrevoir de fort belles choses, mais devra améliorer certaines choses s'il veut évoluer positivement. Les compos démontrent que ce quintette américain a quelques solides atouts dans son manche, ainsi qu'un potentiel fort intéressant qui ne demande qu'à exploser totalement. On peut, par exemple, espérer voir apparaître à l'avenir une composition (voire deux) à tiroir flirtant avec le progressif et s'étirant en longueur. Vu les cavalcades de guitares déployées sur ce premier opus, on se dit que ETERNAL CHAMPION a les capacités de bien faire dans ce domaine. En attendant, on se satisfera de cette première offrande, tout en espérant que, par la suite, ce jeune groupe texan puisse franchir plusieurs paliers et exploiter à plein régime son savoir-faire.
Trendkill - 31.08.2017
Musiciens: Jason Tarpey - chant / Carlos Llanas - guitares / Blake "Rossover" Ibanez - guitare / Nujon Powers - guitare / Arthur Rizk - batterie, basse, guitare
Producteur: Arthur Rizk
Label: No Remorse Records
Music Video: