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Electric Blood - 2015

The Future Ain't What It Used To Be - 2017

  The Future Ain't What It Used To Be - 19.05.2017 - Album
 1. Let It Roll
 2. Stone Cold Love
 3. Callin’ You Home
 4. Don’t Turn This Good Heart Bad
 5. Gypsy Rose
 6. No Stranger To Heartache
 7. Vulture City
 8. Hollywood
 9. Chasin’ The Feeling
 10. Goin’ Back To Georgia

Donner un successeur à un premier album réussi, fort prometteur qui a récolté d'excellentes critiques un peu partout est un exercice périlleux, un défi plutôt difficile à relever car les attentes, les exigences sont plus élevées. A ce niveau, tout le monde est plus ou moins logé dans l'univers du Hard Rock, du Heavy metal, de la musique au sens large du terme. Au moment de sortir "The Future Ain't What It Used To Be", le quartette américain de BITERS est donc attendu au tournant: soit il confirmera les choses positives démontrées sur le précédent album ("Electric Blood") paru 2 ans plus tôt, soit il risque de décevoir. Autant dire que BITERS ne doit pas se relâcher, d'autant que de plus en plus de jeunes pousses aux dents longues sont prêts à en découdre dans le domaine du revival Classic-Rock/Hard Rock (qu'il s'agisse de Glam 70's, de Sleaze-Rock, de Hard/Glam 80's, d'AOR, de Hard Rock, de Southern-Rock ou autre...). 

Ce second opus de BITERS s'inscrit plutôt dans la continuité par rapport à "Electric Blood". La musique du quartette d'Atlanta navigue toujours entre la Power-Pop, le Glam-Rock 70's et le Hard Rock mélodique. Toutefois, "The Future Ain't What It Used To Be" n'est pas pour autant une resucée de son prédécesseur, les gars de BITERS ayant eu l'idée judicieuse d'injecter quelques idées nouvelles. Ainsi, quelques subtils arrangements fins, élégants viennent enrichir les compos de cet album.

Si l'ensemble du disque est très orienté mid-tempo, il y a une chose qu'on ne pourra pas enlever à BITERS, c'est le sens de la mélodie qui fait mouche, ainsi que sa volonté de respecter l'héritage musical des glorieuses légendes des 70's, notamment CHEAP TRICK ET T-REX. A ce propos, on ne peut s'empêcher de voir en BITERS un croisement entre ces 2 icônes des 70's lorsqu'on écoute en particulier "Stone Cold Love" et "Gypsy Rose", 2 gros tubes Glam-Rock qui sentent le gros revival 70's et mettent en avant une section rythmique imparable de justesse: dans un cas comme dans l'autre, BITERS réussit le tour de force de réactiver le fantôme de Marc Bolan sans jamais tomber dans le plagiat. Parvenir à s'en sortir de la sorte dans un exercice aussi casse-gueule est une belle preuve du talent de ce jeune quartette américain. Plus ou moins dans la même veine, "Callin' You Home" accentue tout de même l'aspect Power-Pop et se distingue surtout par son refrain fédérateur, du genre à scander à pleins poumons dans les stades, qui tire ce titre vers le haut. "Let It Roll", qui a la lourde tâche d'ouvrir cet album, lorgne plutôt du côté du Hard-Boogie et les musiciens, tous au taquet, font montre d'une énergie et d'un enthousiasme communicatifs, avec de surcroit un refrain ultra-accrocheur sur lequel les chœurs répondent sans complexe au chant de Tuk Smith. Titre plutôt court (2'55) et tout aussi enthousiasmant, "Don't Turn This Good Heart Bad" est un vibrant hommage au Classic-Rock qui évoque le "Baba O'Riley" des WHO, mais en plus Glam. Plus orienté early-80's, "No Stranger To Heartache" évoque de loin DEF LEPPARD à ses débuts, voire GIRL, tout en laissant suggérer ce qu'auraient pu faire les BEATLES au début des 80's s'ils avaient été encore ensembles à ce moment-là. Dans le registre du Hard Rock binaire, BITERS n'est pas maladroit non plus, comme l'atteste le mélodique "Chasin' The Feeling" qui fait taper du pied. Dans la même veine, "Vulture City" marche tout de même sur les plates-bandes du "Doom And Gloom" des ROLLING STONES (un titre assez récents des Pierres Qui Roulent qui, pour le coup, revenaient à leurs fondamentaux Rock n' Roll/Hard bluesy).

Le changement notoire par rapport au précédent album, c'est la présence de 2 ballades sur "The Future...". On peut même dire que ces 2 ballades contrastent avec le reste de l'album. "Hollywood" est une ballade mélancolique au piano qui dévoile une facette inédite du combo d'Atlanta. Toutefois, si cette ballade n'est pas désagréable, elle n'est pas non plus transcendante, peut-être parce qu'elle est trop courte (3'16), pas assez travaillée. L'autre ballade, "Goin' Back To Georgia", qui cloture l'album, est selon moi plus convaincante avec ses accents acoustiques fortement teintés de Folk: fortement empreinte de nostalgie, elle semble dire qu'on n'est jamais aussi bien que chez soi et, pour le coup, on se rapproche un peu de CINDERELLA, POISON, WHITE LION (même si ces groupes ne constituent pas une influence majeure pour BITERS).

En fin de compte, BITERS a globalement su se montrer convaincant et a su passé l'examen du 2ème album. Bien sûr, BITERS ne révolutionne pas le Rock, mais il s'emploie à la tâche avec détermination et sincérité, pas de doute là-dessus. En chipotant, on pourra toujours objecter que ce n'est pas un classique ultime du genre, qu'il y a bien des petites imperfections ça et là, on pourra même regretter que les 2 ballades de l'album soient mal positionnées stratégiquement sur l'album (respectivement en 8ème et 10ème position) et que, par conséquent, la track-list aurait pu être agencée autrement. Mais ce ne sont là que des détails mineurs car l'ensemble du disque est accrocheur, délicieusement anti-prise de tête. C'est typiquement le genre de skeud qui vous fera oublier les problèmes quotidiens. On ne s'ennuie pas à l'écoute de cet album. Maintenant, ce qu'on peut souhaiter à BITERS, c'est qu'il franchisse quelques paliers supplémentaires et parvienne à sortir son chef-d'oeuvre absolu.
Trendkill - 12.08.2017
Musiciens: Tuk Smith - chant, guitare / Matt Gabs - guitare / Philip Anthony - basse / Joey O'Brien - batterie
Producteur:
Dan Dixon
Label: Earache Records
Music Video: Stone Cold Love