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Electric Blood - 2015

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  Electric Blood - 07.08.2015 - Album
 1. Restless Hearts
 2. 1975
 3. Heart Fulla Rock N'roll
 4. Dreams Don't Die
 5. Electric Blood
 6. The Kids Ain't Alright
 7. Low Lives In High Definition
 8. Time To Bleed
 9. Loose From The Noose
 10. Spage Age Wasteland

Quartette américain originaire d'Atlanta, BITERS a récolté des avis élogieux à droite et à gauche au moment où il a sorti son premier véritable album studio, "Electric Blood", en 2015. Le magazine Classic Rock Magazine avait même, à l'époque, présenté ce combo comme étant un des plus prometteurs, un de ces groupes à suivre à l'avenir. Bon, les avis des magazines musicaux ne doivent pas être considérés comme paroles d'évangile, la musique n'étant pas une science exacte. Toutefois, BITERS, fondé en 2009 et forts de 4 EPs avant d'enregistrer son premier album studio, a pris le temps de s'affirmer, de gagner en confiance pour aiguiser ses armes.

Les 4 gars de BITERS, signés chez Earache, balancent donc à la face du monde en 2015 un "Electric Blood" naviguant entre Glam-Rock, Power-Pop et Hard Rock et dont la durée est d'environ 35 minutes. Musicalement, BITERS n'est pas d'une originalité renversante, car on retrouve pêle-mêle les influences de KISS, T-REX, CHEAP TRICK, SLADE, HANOI ROCKS, mais le contenu de l'album est redoutable d'efficacité et l'on ne saurait remettre en cause l'enthousiasme et la sincérité dont fait preuve ce quartette d'Atlanta. Qui plus est, on ne trouve à aucun moment des traces de plagiat.

Ce qui ressort de ce premier véritable album studio, c'est que les gars de BITERS sont dotés d'un sens de la mélodie et des refrains qui claquent, qui mettent en plein dans le mille. Pour bien illustrer cette impression, le mid-tempo "Restless Hearts", à mi-chemin entre Hard/Glam et Power-Pop, se place clairement là où il faut avec son intro acoustique de 20 secondes, suivie d'une progression crescendo des guitares électriques jusqu'au refrain fédérateur. Pour le coup, on peut vraiment dire que la recette fonctionne au poil. L'empreinte du Glam 70's est très présente, comme l'attestent en particulier le bien-nommé "1975", un hymne punchy rendant brillamment hommage aux heures glorieuses de la musique des 70's (tout comme le clip qui l'illustre), et "Heart Fulla Rock n' Roll", qu'on pourrait décrire comme la parfaite rencontre entre T-REX et THIN LIZZY (écoutez un peu ces twin-guitars !) avec ses riffs, ses soli et ses chœurs tellement réussis qu'on a vraiment envie, pour le coup, de revenir 40-45 ans en arrière. Plus aérien, "Time To Bleed" se fait remarquer par sa tendance Glam/Punk et surtout son refrain accrocheur. Dans le registre du Hard Rock binaire, le mid-tempo "Electric Blood" lorgne davantage vers AC/DC période Bon Scott, voire AEROSMITH, mais sans pour autant copier l'un ou l'autre, et captive l'attention jusqu'au bout gràce à un solo final qui parachève ce title-track avec panache, en guise de cerise sur le gateau, tandis que "Low Lives In Hi-Definition" possède de forts relents Boogie via quelques joyeuses notes de piano sur le refrain et voit le chanteur Tuk Smith adopter un ton plus énervé.

Par ailleurs, BITERS varie les plaisirs, ce qui fait qu'en fin de compte, on ne s'ennuie jamais en écoutant cet album. Des exemples ? "Space Age Wasteland" est très imprégné de l'influence de THIN LIZZY et les textures de guitares le font tellement que ce titre reste bien ancré dans les mémoires. "The Kids Ain't Alright" est un titre qui prend l'auditeur à contre-pied avec son début au piano faisant croire qu'on a affaire à une ballade, avant que le ton ne se durcisse pour flirter avec le Punk, tout en conservant ses oripeaux Glam et on a envie d'applaudir car, pour le coup, BITERS a réussi là où tant de groupes mainstream se sont vautrés au cours des 20 dernières années. Enfin, "Dreams Don't Die", bien qu'enrobé de nappes Power-Pop et Glam 70's, s'écarte des sentiers battus car l'influence de l'école du Rock scandinave semble avoir contaminé les musiciens de BITERS sur le moment.

En conclusion, on peut dire que ce "Electric Blood" est globalement réussi et les chroniques élogieuses vis-à-vis de ce disque sont, de mon point de vue, parfaitement justifiées. Globalement, c'est du bien bel ouvrage qu'a accompli BITERS et le chanteur/guitariste Tuk Smith transcende l'ensemble, contribuant à tirer le groupe vers le haut. Quelque part, on peut même penser que BITERS reprend les choses là où les Canadiens de CRASH KELLY les ont laissées à la fin de la précédente décennie. Bon, si on veut chipoter un peu, on pourra regretter qu'il manque peut-être un titre rapide pour faire bonne mesure. Mais ce n'est qu'un petit détail sans importance, la qualité est bien présente et constante, au point qu'on ne peut s'empêcher de penser que plusieurs titres de cet opus auraient pu être des tubes planétaires en puissance dans les 70's, voire même dans la première moitié des 80's.
Trendkill - 10.08.2017
Musiciens: Tuk Smith - chant, guitare / Matt Gabs - guitare / Philip Anthony - basse / Joey O'Brien - batterie
Producteur: Dan Dixon
Label: Earache Records
Music Video:
Restless Hearts - 1975 - Low Lives In High Definition